- Je bois au beau sexe des deux hémisphères.
- Et moi, je bois aux deux hémisphères du beau sexe !
Marquis de Bièvre

mardi 30 juin 2015

Un nouveau déjeuner 4

Être l’auteur, et donc le démiurge a indiscutablement quelques avantages. Notamment celui de repartir en arrière, de rembobiner, pour dérouler une nouvelle histoire. Mais être démiurge impose aussi quelques obligations, notamment celle de choisir l’embranchement, la voie que l’on va suivre. Imaginerait-on un démiurge invoquer le destin pour justifier la voie empruntée par ses créatures ? Vous imaginez donc sans peine, l’angoisse, le souci, l’anxiété, la douleur, l’appréhension, le désarroi, l’inquiétude, le tourment qui sont les miens au moment de reprendre le fil de l’histoire. Où ; comment dois-je les prendre, les re-prendre ?
Est-ce elle, est-ce lui qui mène la danse dans ce déjeuner ? Est-ce lui, est-ce elle qui vient de se rasseoir, le rouge aux joues et les fesses libres ?
Mais quelle que soit la voie que va choisir le démiurge l’essentiel n’est-il pas qu’elle et lui, lui et elle s’enivrent de leurs désirs respectifs ? Qu’importe quelle sera la voix qui susurrera caressant ces fesses, dans leur chambre de plaisir, j’ai envie de toi là, debout contre le mur. Qu’importe qui s’accroupira pour caresser de la langue, de la bouche le sexe plein de désir. Qu’importe quelles seront les mains qui caresseront ces fesses, les écarterons, les doigts qui glisseront, les fouilleront. Elle et lui,, lui et elle exploreront leurs corps, leurs envies, jouiront de leurs mots, de leurs corps, de leurs mains, de leurs doigts, de leurs langues, de leurs bouches, de leurs sexes, de leurs siens, de leurs culs, de leurs désirs.
Le démiurge est le créateur d’une œuvre, mais n’oublions pas qu’à l’origine il désigne la divinité qui donne forme à l’univers, et que ce mot est attesté dès 1546 dans le Tiers-Livre de Rabelais, où Demiourgon, désigne le Diable. Comment dans ces conditions la suite de ce déjeuner ne serait-elle diablement jouissive ?

lundi 29 juin 2015

En cascade…

Vu la température extérieure, l’on pourrait penser que le titre du billet est adapté aux conditions climatiques et qu’il promet quelque fraîcheur. Et c’est quelque peu le cas, quoique d’une manière légèrement détournée. Vous connaissez, pourrait-il en être autrement, ma manie des citations, et je vous en livre encore une fois une, tirée de l’œuvre du Marquis de Sade "observer de près la composition de ces meubles. Vous voyez que cette table, ces lustres, ces fauteuils, ne sont composés que de groupes de filles artistiquement arrangés ; mes plats vont se poser tout chaud sur reins de ces créatures ; mes bougies sont enfoncées dans leurs cons, et mon derrière, ainsi que les vôtres, en se nichant dans ces fauteuils, vont être appuyés sur leurs doux visages ou les blancs tétons de ces demoiselles : c’est pour cela que je vous prie de vous trousser, mesdames, et vous, messieurs, de vous déculotter, afin que, d’après les paroles de l’Écriture, la chair puisse reposer sur la chair."
L’on pourrait faire de nombreux commentaires sur ce texte, je n’en retiendrai que deux, pour l’heure. Suite à mes derniers billets ayant pour thème un déjeuner, je ne peux qu’être impressionné par une telle salle qui donne incontestablement une autre allure à quelque repas que ce soit. Et je suis certain que vous avez deviné combien j’apprécie une telle citation qui a de plus l’intérêt d’en contenir elle-même une seconde. Le fait que cette citation que Sade place dans la bouche d’un de ses personnages soit tirée de la Bible ne le rend que plus savoureuse. Je dois cependant vous avouer avoir été incapable pour l’instant d’en trouver la référence exacte.
Je dois ajouter que le plaisir de ces citations insérées l’une dans l’autre, mais pourrait-on en attendre moins de la part de Sade, est d’autant plus vif que je l’ai découverte, ou redécouverte, non pas en lisant Sade, mais un ouvrage qui lui est consacré, dont je vous cite la phrase commentant cette citation " Je crois bien que seuls André Breton et André Pieyre de Mandiargues ont su dire cette joie de Sade, cette joie enfantine, de la dépravation qui nous offre, de plein fouet, alors que nous en avions presque oublié les délices interdits, tout ce que les contes de fée nous promettaient sans jamais nous le donner vraiment." Je ne vous ferai pas l’affront de vous indiquer de quel ouvrage est tirée cette citation, mais le cas échéant je répondrai aux questions.
Vous conviendrez que conclure de ces citations en cascade par la joie enfantine des contes de fées est foutrement rafraîchissant.



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mercredi 24 juin 2015

Bander…

Avant de mettre en avant certaines citations il peut être utile de se couvrir pour éviter tout effet secondaire fâcheux. Pour être précis, je n’évoque pas l’impérieuse nécessité de sortir couvert, en clair de mettre une capote, je n’ai pas la prétention de penser que l’effet de mes billets est tel que cela puisse entraîner une urgence sur ce terrain-là. Je voulais simplement indiquer ici que lorsque l’on manie certaines citations il est utile d’en citer l’auteur, non pour se dédouaner du choix qui est fait, mais pour rendre à César ce qui est à César, et éviter accessoirement quelques remarques inutiles.
Après ces quelques circonvolutions, je vous livre, sans plus de commentaire, une phrase du Marquis de Sade "Vous avez un certain son de voix entrecoupé qui me fait voir que vous bandez."
Vous dirais-je que cette phrase me rappelle furieusement les remarques que put faire fort opportunément une amie qui était de plus responsable de ce son de voix ?

mardi 23 juin 2015

Un nouveau déjeuner 3

Il lui prend le bras et l’entraîne vers le restaurant.
Assis face à elle, il la dévore du regard, il sourit, elle est séduisante, infiniment désirable. Son regard plonge dans le décolleté. Elle lui sourit, elle voit son regard plongeant, elle aime voir dans ce regard son désir.
Il parle, il parle toujours beaucoup, il parle aussi avec ses mains, et malgré cela il mange, il dévore, il sourit, il aime le vin aussi. Il parle de tout, de rien, passe d’un sujet à l’autre, de ses lectures à son désir, à ses envies. Il lui dit qu’il se demande quels dessous elle porte, qu’il se demande si elle porte autre chose que ses bas, qu’l se demande si, et soudain au milieu de la phrase il s’interrompt, un sourire sur ses lèvres, le souffle court, il vient de sentir la pression d’un escarpin sur son sexe. Elle lui glisse dans un sourire " J’aime tes mots, et j’aime aussi ton silence ainsi. Tu aimerais que je sois nue sous ma jupe, et tu aimerais plus encore que je quitte ma culotte pour toi, là maintenant. "
Vous devriez, depuis quelques instants, avoir la sensation d’avoir déjà lu ces mots, et soit vous imaginez les avoir lus dans une vie antérieure ou parallèle, ce qui renverrait à l’angoissante question, une vie peut-elle être à la fois antérieure et parallèle, soit pire encore vous pensez qu’Alzheimer a frappé. Dans les deux cas vous faites fausse route, j’ai bien en effet déjà publié ces lignes, et j’ai encore une mémoire qui ne défaille pas trop. Mais, l’auriez-vous oublié, l’auteur est le démiurge de l’histoire qu’il déroule et il peut à son gré en arrêter le cours ; comme Josué celui du soleil, et il peut aller plus loin encore et en inverser le cours, remonter le temps et prendre un autre embranchement pour poursuivre le récit dans un monde parallèle qu’il soit antérieur ou non. L’auteur peut donc mener un double jeu dans son récit, voire mener au long du récit un double je, et en l’occurrence troubler ainsi le jeu des protagonistes pour en accroître le trouble. Enfin, si l’auteur dans son récit intègre aussi le jeu du trouble de l’autre "je" qui lit, cela démultiplie et trouble encore les jeux des divers "je" en jeu. Dans l’attente d’un nouveau billet reprenant et développant ces cascades de "je" et de jeux, le démiurge omnipotent reprend donc le cours du récit dans ce restaurant après ce long arrêt sur image.
Il sourit à ces mots, " Si culotte il y a, quitte la donc !" Il la regarde se lever, s’éloigner. Il sourit, il a envie d’elle, il a envie de jouer de leurs désirs, de leurs envies. Il aime la sentir troublée, et il aime être troublé lui aussi. Elle revient, souriante, s’assied face à lui. Elle a aimé ôter sa culotte ainsi, et plus encore revenir dans le restaurant, marcher le sexe nu sous sa jupe avec lui seul qui le sait. Elle aime se sentir ainsi désirée, elle a envie de lui, de ses envies, elle a envie de le laisser mener le jeu.

samedi 20 juin 2015

Un nouveau déjeuner 2

Il lui prend le bras et l’entraîne vers le restaurant.
Assis face à elle, il la dévore du regard, il sourit, elle est séduisante, infiniment désirable. Son regard plonge dans le décolleté. Elle lui sourit, elle voit son regard plongeant, elle aime voir dans ce regard son désir.
Il parle, il parle toujours beaucoup, il parle aussi avec ses mains, et malgré cela il mange, il dévore, il sourit, il aime le vin aussi. Il parle de tout, de rien, passe d’un sujet à l’autre, de ses lectures à son désir, à ses envies. Il lui dit qu’il se demande quels dessous elle porte, qu’il se demande si elle porte autre chose que ses bas, qu’l se demande si, et soudain au milieu de la phrase il s’interrompt, un sourire sur ses lèvres, le souffle court, il vient de sentir la pression d’un escarpin sur son sexe. Elle lui glisse dans un sourire " J’aime tes mots, et j’aime aussi ton silence ainsi. Tu aimerais que je sois nue sous ma jupe, et tu aimerais plus encore que je quitte ma culotte pour toi, là maintenant. " Elle appuie un peu plus son pied. " Et si l’on faisait aujourd’hui le contraire, va aux toilettes, et reviens donc avec ton caleçon à la main. C’est jouissif aussi d’échanger les rôles."
Elle le regarde se lever, s’éloigner. Elle sourit, elle a envie de lui, elle a envie de jouer de leurs désirs, de leurs envies. Elle aime le sentir troublé, et elle aime être troublée elle aussi. Il revient, souriant, s’assied face à elle. Elle pose son pied déchaussé entre ses cuisses qu’il a conservées écartées pour que son entrejambe soit accessible Elle sent son sexe raide de désir et accentue sa caresse.
Il a aimé ôter son caleçon ainsi, et plus encore revenir dans le restaurant, marcher en sentant le mouvement de son sexe raide et nu sous son pantalon. Il aime se sentir ainsi caressé. Il a envie d’elle, de ses envies, il a envie de la laisser mener le jeu.

jeudi 18 juin 2015

Nouvelles remarques sur Sodome.

Incontestablement les chapitres XVIII et XIX de la Genèse sont une source inépuisable d’inspiration, et de remarques diverses.
Concernant les deux filles de Loth, l’on peut noter qu’elles n’avaient pas froid aux yeux, qu’elles étaient quelque peu dessalées à l’inverse notons le bien de leur mère qui, faut-il le rappeler, "devint une colonne de sel", qu’elles n’avaient pas les deux pieds dans le même sabot, en effet avoir les deux pieds dans le même sabot aurait été pour le moins gênant pour pouvoir connaître Loth.
Et il est une question que l’on doit se poser, serait-ce parce que Sodome disparaît dans une pluie de soufre et de feu que notre sainte mère l’Église, une, sainte, catholique et apostolique considère que la sodomie est sulfureuse et l’a donc mise à l’index. Alors qu’il peut être plus jouissif, c’est selon, de mettre l’index, quelque autre doigt ou quelques autres doigts avant la sodomie.

mercredi 17 juin 2015

Une vision réaliste ?

La forme interrogative du titre est importante. Je me permets d’insister sur ce point pour éviter tout risque de recevoir une volée de bois vert de la part de lecteurs courroucés, et là le choix du masculin n’est pas fortuit.
Ce billet fait donc référence à une vision que je me contenterai de citer sans indiquer si je la partage. Nous l’avons tous entendu sous différentes formes. La forme de base étant "les hommes pensent avec leur queue", les formes plus imagées sont nombreuses, "Les hommes ne peuvent faire deux choses à la fois, bander et penser" ou "les hommes n’ont pas assez de sang pour irriguer à la fois le cerveau et leur bite." Vous comprendrez donc sans peine, avec un "e", pourquoi j’insistais sur cette forme interrogative du titre.
L’objet de ce billet est de vous livrer une forme jolie de cette idée, découverte au hasard d’une lecture, "il avait donc un point faible, le même que la plupart des hommes ; à mi-chemin entre la queue et le cœur."
Je me permettrai de conclure par une autre citation empruntée "à ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste", et je vous laisse le plaisir de trouver les auteurs de ces mots, "Ah ! Qu’en termes galants, ces choses-là sont mises !"

lundi 15 juin 2015

Un nouveau déjeuner, 1

Cela faisait déjà longtemps qu’ils ne s’étaient vus. Leurs mots venaient de se croiser à nouveau, au hasard des connexions. Elle ou lui, lui ou elle, ou bien les deux à la fois, qu’importe qui avait eu l’idée, qui avait formulé cette envie en premier, ils avaient décidé, tous deux souriant devant leur écran, de se revoir pour déjeuner ensemble.
Il l’attendait donc, devant Saint-Eustache, sous un joli soleil ; il souriait, le temps était idéal, du soleil, une température douce, assez chaud pour qu’elle puisse avoir envie de se découvrir, pas trop chaude pour que le port des bas soit de mise. Il souriait et l’imaginait venant vers lui.
Elle sortait juste de sa rame de RER, le quai, les escaliers mécaniques, les couloirs, trouver la bonne sortie dans les Halles. Elle souriait au plaisir de le revoir. Elle souriait, elle savait qu’il allait aimer la tenue qu’elle avait choisie de porter pour lui, ce chemisier dont il aurait envie de voir un bouton de plus s’ouvrir pour dévoiler les dentelles qu’il aurait déjà devinées, cette jupe qui flotte autour d’elle et qu’il adorerait trousser, et ses talons hauts sur lesquels elle voguait, dansait vers lui. Et elle savait qu’ainsi son imagination allait s’emballer et que pendant le déjeuner il ne cesserait de chercher à deviner quels étaient ses dessous.
Et ils se voient, elle sortant, enfin après ces interminables couloirs, des Halles, lui l’attendant dans la lumière de midi. Ils s’approchent l’un de l’autre. Les mains se frôlent leurs corps se rapprochent, se collent l’un à l’autre heureux de se retrouver. Frôlements de lèvres souriantes.
"De quoi as – tu envie pour déjeuner ?" dans un souffle la réponse " De tout, de toi…" Elle ou lui, lui ou elle, ou bien les deux à la fois, qu’importe qui a posé la question, qui a répondu. Ils s’embrasent à pleine bouche, s’écartent à peine l’un de l’autre, se sourient, rient et décident d’aller déjeuner quand même, avant…

samedi 13 juin 2015

Reconnaitre…

Je ne remercierai jamais assez les journalistes qui écrivent des articles fabuleux, à moins que ce ne soit les rédacteurs en chef que je doive remercier. Dans tous les cas il est certain que ces publications me fournissent de bien jolis sujets pour mes billets Aujourd’hui c’est dans Cosmopolitan que j’ai trouvé mon inspiration, n’allez pas en déduire hâtivement que je lis cette revue, j’ai simplement découvert un article en suivant un lien. L’article que j’ai ainsi découvert porte un titre merveilleux "21 signes pour reconnaître l’homme parfait" bien que ce ne soit pas là ma préoccupation majeure, ce qui est là un doux euphémisme, je l’ai lu avec intérêt. Je dois avouer ces 21 items sont d’un sentimentalisme plat. Pour preuve, je vous les livre avec quelques commentaires de mon cru.
L’homme parfait envoie des fleurs, et pas uniquement le jour où il veut culbuter la belle.
L’homme parfait tient ses promesses, ce qui ne vise pas ses performances sexuelles annoncées.
L’homme parfait appelle dès qu’il est rentré chez lui, et non pas rentré chez sa femme.
L’homme parfait veut une copine exclusive.
L’homme parfait sait ce qu’il veut, là aussi ce n’est pas la réalisation d’un fantasme qui est visé.
L’homme parfait ne harcèle pas sa copine de textos, et encore moins de photos de son sexe en érection.
L’homme parfait veut très vite présenter sa copine à ses amis et sa famille, pas uniquement pour préparer une partouze avec ses potes.
L’homme parfait prend le temps d’apprendre à connaître les amis de sa copine, même remarque, il ne s’agit pas d’une préparation de partouze.
L’homme parfait vient aux repas de famille de sa copine.
L’homme parfait sait prévoir des événements à l’avance, soirées libertines et autres…
L’homme parfait partage les valeurs de sa copine, ce qui ne signifie pas qu’il partage son cul avec tous ses potes.
L’homme parfait laisse choisir le programme télé, et pas uniquement pour le porno du samedi soir.
L’homme parfait ne couche pas avec d’autres femmes une fois qu’il a une copine, mais il semble qu’il puisse avec des hommes.
L’homme parfait est prêt à faire des compromis, et non pas à se faire des cons promis.
L’homme parfait fait marcher ses contacts pour obtenir le job idéal à sa copine
L’homme parfait parle de ses sentiments, l’érection n’est pas un sentiment.
L’homme parfait n’essaie pas de changer sa copine, et d’en faire une salope lubrique.
L’homme parfait trouve sa copine sexy au naturel, tant pis pour les tenues fétichistes.
L’homme parfait nous écoute attentivement, et pas uniquement quand elle hurle sa jouissance.
L’homme parfait donne l’impression à sa copine de vivre dans un film d’amour, et pas pornographique.
L’homme parfait se projette avec sa copine à ses côtés, pas uniquement dans les soirées libertines.
Bref vous l’aurez compris, l’article ne fait aucune référence au sexe, un homme idéal dans un monde asexué. Peut-être reste-t-il à écrire un article analogue pour savoir comment reconnaître le partenaire sexuel idéal ?

vendredi 12 juin 2015

Remarques sur Sodome….

Suite à quelques remarques formulées ou informulées ici ou là, voici quelques remarques compléments concernant mon billet précédent.
La première remarque tient au fait qu’après avoir indiqué qu’il convient d’apporter une précision concernant le texte utilisé comme référence, j’ai malencontreusement omis de préciser que la traduction utilisée était celle de la TOB. Mais les variations de traduction ont peu d’importance pour l’histoire servant de base à mon billet la maison cernée par "les gens de Sodome, du plus jeune au plus vieux, le peuple entier sans exception" dans la traduction de la TOB est cernée par '"les habitants de cette ville, depuis les enfants jusqu’aux vieillards ; tout le peuple s’y trouva' selon la traduction réalisée par Louis-Isaac Lemaistre de Sacy. De même la proposition de Loth est dans le premier cas "J’ai à votre disposition deux filles qui n’ont pas connu d’homme, je puis les faire sortir vers vous et vous en ferez ce que bon vous semblera" et dans le second "J’ai deux filles qui sont encore vierges ; je vous les amènerai : usez-en comme il vous plaira, pourvu que vous ne fassiez point de mal à ces hommes-là, parce qu’ils sont entrés à l’ombre de mon toit."

La seconde remarque porte sur la manière dont Loth traite, ou envisage de traiter ses filles. Je précise que je n’ai fait que citer un texte. Mais ce que l’on peut ajouter concernant les deux filles de Loh c’est que si elles n’avaient pas connu d’hommes elles n’avaient pas froid aux yeux. En effet après la destruction de Sodome, elles retrouvant seules toutes deux avec leur père, il ne m’a pas paru utile de rappeler ici comment elle est morte. L’aînée fait alors cette proposition à sa sœur "Allons ! Faisons boire du vin à notre père et nous coucherons avec lui" elle précise toutefois que c’est uniquement pour assurer une descendance. Et toujours le texte, il a tellement bu qu’il ne se souvient de rien. En clair il était tellement imbibé d’alcool qu’il a tout oublié mais pas suffisamment pour que son érection défaille. Le texte ne précise toutefois pas s’il avait la tête dans le cul le lendemain matin…

mardi 9 juin 2015

Sodome et…

J’ai découvert récemment un texte, un très bon texte sur la sodomie. Ce billet fort bien travaillé, très fouillé bénéficie d’une belle et séduisante interlocution axée sur l’étymologie de ce mot et donc sur Sodome et la Genèse. Je n’ai pu résister au plaisir de rebondir sur ce thème.
La référence étant un texte biblique, Genèse, chapitre XVIII et XIX, avant d’entrer dans le cœur du sujet, il convient d’apporter une précision concernant le texte utilisé comme référence. L’une des meilleures manières de lire et de citer la Bible, celle d’Eri de Luca, consiste à lire le texte en hébreu. Mes faibles compétences linguistiques m’ont amené à me limiter à la lecture d’un texte en français. Or, vous le savez sans aucun doute, la question de la traduction du texte biblique se pose de longue date et n’est ni simple ni résolue. Depuis la première traduction dite des Septantes, traduction en langue grecque, les traductions se sont multipliées dont certaines ont marqué l’histoire et d’autres furent des merveilles telle celle de Louis-Isaac Lemaistre de Sacy

L’histoire est connue, et si elle ne l’est pas elle est lisible y compris sur internet pour celles et ceux qui n’auraient pas quelque bible, avec ou sans "s", dans leur bibliothèque voire sur leur table de nuit.
Le seigneur, ayant entendu la plainte contre Sodome et Gomorrhe envoie deux anges sur place pour juger de la réalité de ladite plainte. L’on peut déjà noter que n’est pas révélée l’identité des sycophantes qui sont, comme vous le savez si vous écoutez Brassens et êtes dotés d’un minimum de curiosité et d’un dictionnaire, des délateurs et à Athènes ceux qui dénonçaient les voleurs ou exportateurs de figues.
Les deux anges prennent donc leur bâton de pèlerin, leur baluchon et partent à Sodome, ils arrivent le soir et sont accueillis par Loth qui les invitent chez lui, alors qu’ils avaient l’intention de passer la nuit sur la place. Sa maison est vite cernée par "les gens de Sodome, du plus jeune au plus vieux, le peuple entier sans exception." Malgré la formule utilisée ici, l’on ne sait clairement qui était alors présent, vu la grande place que la bible accorde aux femmes l’on peut douter de leur inclusion dans ce peuple tout entier. Ce peuple donc demande à Loth de faire sortir les hommes venus chez lui pour les connaître. Dans la bible connaître a un sens bien particulier, par exemple j’ai bien connu cette femme signifie j’ai bien baisé cette femme. Loth ne livre pas ses deux visiteurs, l’on peut le regretter le peuple de Sodome aurait ainsi eu la réponse à l’angoissante question relative au sexe des anges. Mais ils ne sont pas livrés, et Loth fait la proposition suivante "J’ai à votre disposition deux filles qui n’ont pas connu d’homme, je puis les faire sortir vers vous et vous en ferez ce que bon vous semblera. " L’on retrouve là la grande place donnée aux femmes dans la Bible, mais le peuple de Sodome n’accepte pas la proposition et poursuite le siège de la maison de Loth, nous privant ainsi de la description du premier gang bang de l’histoire.
Le lendemain la ville sera détruite par une pluie de soufre et de feu qui s’abattit sur le peuple qui était, à n’en pas douter après une telle nuit d’attente, chaud bouillant.
À ce moment du récit il faut noter que réapparaît la ville de Gomorrhe détruite dans le même temps, mais Sodome a conservé la gloire de la postérité.
Je proposerais donc pour rétablir une égalité entre ces deux cités promises au même sort d’utiliser indifféremment à l’avenir les deux verbes sodomiser et gomorrhiser.
Je ne commenterai pas plus longuement ce texte aujourd’hui, il ne me reste qu’à trouver quelque charmante dame expérimenter une connaissance gomorrhite.

lundi 8 juin 2015

Une bien belle paire…

Lors d’un échange récent, j’évoquais avec une charmante dame, et elle se reconnaîtra, mon premier billet sur ce blog intitulé "Une sainte pute." Est-ce donc un hasard si je retrouve cette citation "C’est bien ce que je craignais, par paires, elle les prend par paires, un diable et un saint. À la terre comme au ciel."
Ne pouvant prétendre à "Un' jolie fleur dans une peau d’vache, Un' jolie vach' déguisée en fleur" j’en resterais donc à une angélique diablesse,, une diabolique ange. Ce qui, il faut bien le noter, montre clairement que, si le sexe des anges est un sujet de discussion, côté démoniaque la réponse est claire.


vendredi 5 juin 2015

Les dames du temps jadis…

Vous connaissez sans aucun doute ce superbe texte de François Villon chanté par Georges Brassens, enfin je l’espère mais dans le cas contraire tout espoir n’est pas perdu. En effet, si vous êtes sur ce blog, vous êtes forcément d’une manière ou d’une autre sensible aux mots, sans jeux de maux sur ce terme.
De plus le thème de ce billet a certes un rapport avec le titre, mais pour le moins concerne un "jadis" plus récent et la manière d’évoquer la période où l’on était avec une dame. J’ai trouvé récemment une très belle formule dans un roman "C’était avant. Avant qu’elle me retire son accréditation auprès de sa libido."
Je dois reconnaître que j’apprécierais fort certaines accréditations, et même certaines multi-accréditations…


lundi 1 juin 2015

Au sujet de déjeuners

Si vous lisez plus ou moins régulièrement mes billets, vous savez à quel point j’aime manier, voire maltraiter, les citations en tous genres. Et si vous lisez un plutôt plus que moins régulièrement mes billets, vous vous souvenez peut-être que j’ai eu le bonheur d’étudier le latin qui fut même mon option au bac. Cette précision permet de comprendre la construction du titre de ce billet héritée du latin. Le titre est composé de la préposition de suivi de l’ablatif et signifie en ce qui concerne, au sujet de. Parmi les exemples connus, l’on peut citer les ouvrages sur lesquels nous avons été nombreux à transpirer, De viris illustribus urbis Romae de Cicéron, De Bello Gallico, de César. Rassurez-vous, je n’ai pas pour autant l’intention de disserter ici sur l’impact du latin sur la construction des titres de mes billets, je me contenterai donc de constater avec Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami, plus connu sous le nom d’Ibn Khaldoun que nous sommes les enfants de nos habitudes.
Je reviendrai donc en bon fils, sans lien ici avec la fête des Mères, à mes habitudes et vous livre cette citation "Je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale. " Cette formule est incontestablement de nature à stimuler mon imagination, à réveiller des souvenirs de quelques charmantes personnes à la moralité plus que légère, immorales, amorales, voire, au risque de passer pour un nietzschéen se positionnant par-delà bien et mal, celle-ci se tortillant sur sa chaise en me susurrant quelque inavouable envie, celle-là m’avouant que sous son tailleur austère elle porte des dessous indécents, cette autre caressée pendant ce déjeuner au restaurant, celle qui poursuivit le déjeuner sous la table, et quelques autres joyeuses et lubriques convives. Mais, cette formule ne visait nullement ces personnes morales là, et souvenir de mes études universitaires cette fois m’est revenu en tête lors d’un échange avec une charmante spécialiste de droit public. Cet aphorisme, vise les personnes morales au sens juridiques du terme, pour faire court un groupement doté de la personnalité juridique comme une association, une société anonyme, et il est attribué à Gaston Jèze. La formule devient ainsi nettement moins troublante. Pour finir toutefois sur une touche joyeuse, Jean-Claude Soyer répondit "Moi non plus, mais je l’ai souvent vue payer l’addition."