- Je bois au beau sexe des deux hémisphères.
- Et moi, je bois aux deux hémisphères du beau sexe !
Marquis de Bièvre


Si vous aimez mes mots, j'aime aussi les vôtres, laissez-donc, si vous le souhaitez, une trace de votre passage, les commentaires vous sont ouverts…


mercredi 6 mai 2020

Cinquantième jour de confinement

Du soleil, un ciel bleu, et toujours assis là au même endroit dans l'attente d'un avenir incertain. Toujours assis au même endroit pour aligner des mots, les yeux se lèvent et regardent au loin, au-delà de l'horizon, dans un premier temps j'avais pensé écrire plus loin que l'horizon, mais nous le savons, voir plus loin que l'horizon est réservé aux poètes. Regarder au-delà du regardable, regarder et la rêver, l'imaginer, la savoir, la voir. Regarder vers l'horizon et sourire. Attendre, espérer et sourire, même sous le masque, même en sortant, aventurier de l'extrême bout de la rue, pour jeter les sacs-poubelles. Sourire en songeant au bonheur de s'asseoir à la terrasse d'un café sous le joli soleil de mai. Sourire en songeant au plaisir de se promener la main dans la main.
Sourire et rentrer, retrouver mon clavier et mes mots, et rêver, et laisser les mots m'emporter en attendant des jours plus jolis, des jours plus cléments, des jours où nous pourrons…
Souriez, mais restez chez vous.




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mardi 5 mai 2020

Procédés littéraires

En rangeant, en remuant serait plus exact mes livres j'ai retrouvé quelques pépites, quelques vieux amis parmi lesquels un excellent ouvrage de Bernard Dupriez Gradus Les procédés littéraires. Un ouvrage dont je ne peux que vous conseiller la lecture, une mine. Et surtout, vous trouverez, au hasard d'une page, une excellente définition de l'éjaculation qui est, comme vous le savez ou comme vous ne le savez pas. " On distinguera du juron une exclamation qui invoque la divinité sans chercher l'outrage, et que l'on nommait, dans les couvents, éjaculation (sic). Ex. courant : Jésus ! Doux Jésus ! Mon Dieu ! Jésus, Marie, Joseph !"
Cette découverte, effectuée il y a de cela quelques années, avait suscité alors remarques et interrogations.
Tout d'abord j'ai connu un curé qui éjaculait diablement souvent.
Si l'expression "Jésus, Marie, Joseph !" est une éjaculation, ne faut-il considérer que l'expression "Jésus !" par sa rapidité serait la conséquence d'une éjaculation précoce ?
Et pour en revenir au curé précédemment évoqué qui avait la fâcheuse habitude de vous parler de très près en postillonnant, ces "Jésus, Marie, Joseph !" ne constituaient-ils pas alors des éjaculations faciales ?



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Quarante-neuvième jour de confinement

Sept semaines d'un temps hors du temps, sept semaines, et ce matin le temps est gris, je cherche des mots en regardant le ciel. Les heures nocturnes furent longues à s'écouler, parfois le temps s'immobilise et semble se briser. Et l'aube livide est venue, peuplée encore des images spectrales de la nuit. Triste début de journée, le thé est fade et tiède.
Une pensée d'Elle, quelques mots, et je souris, une fleur au fond du jardin, un oiseau, et le soleil à la fois totalement absent qui je sais présent, brûlant, ardent, plus loin.
Une pensée d'Elle, mon cœur s'emballe, mon imagination s'affole. Un café, une terrasse, un sourire, des mains qui se frôlent, tant de choses à se dire mais nul besoin de mots. Un restaurant, un lieu magique, mais ne voir que son sourire, ne sentir que sa main liée à la mienne sur cette nappe blanche, ne sentir que son pied caressant sous cette nappe blanche. Une chambre, un lit, et nos corps enlacés, entremêlés, entrelacés, enchevêtrés, nos corps offerts l'un à l'autre.
Sept semaines, et je souris.
Souriez mais restez chez vous.



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lundi 4 mai 2020

Quarante-huitième jour de confinement

Quarante-huit jours, quarante-huit jours entre lecture, écriture, attente, désirs, et travail aussi un peu. Quarante-huit jours étranges, mais aussi quarante-huit jours peuplés de beaux moments, de découvertes, de belles découvertes, découvertes de textes, de mots, de vers, de livres bien sûr, découvertes de belles personnes et bien plus… Mais aussi des découvertes plus surprenantes, par exemple le fait que l'ensemble de mes lectrices et lecteurs n'aient eu aucune difficulté avec la découverte de Georg Cantor, certes vieille de plus d'un siècle. Aurais-je un fan-club constitué de mathématicien·e·s ?
Je ne vais cependant pas m'étaler plus sur ces questions mathématiques d'infinis. Il est d'autres infinis autrement plus agréables, et plus jouissifs à explorer du bout des mots, au fil des phrases, aux longs des textes, en attendant le jour où il sera possible enfin de l'explorer Elle, de sentir sa présence, son corps, son odeur, à en atteindre l'infini du plaisir et de la jouissance avec Elle.
Rêvez d'infinis, mais restez chez vous.




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dimanche 3 mai 2020

Quarante-septième jour de confinement

Nous sommes donc au mois de mai, en ce joli mois de mai, écrivais-je hier. Comment ne pas se remémorer à cette formule, des mots très beaux, des mots si beaux, des mots d'avant, d'avant bien des choses,
" Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?"
Des mots très beaux, disais-je, nulle immodestie dans ce propos, ces mots sont de Guillaume Apollinaire, dont je vous rappelle que, s'il est déclaré mort pour la France, il n'en est pas moins mort lors d'une pandémie.
Si j'ai cité ces mots aujourd'hui, c'est pour leur beauté, et aussi pour ne pas évoquer le même thème que lors de mes précédents billets, et je ne saurais que trop vous suggérer de lire le poème dans son intégralité. Ces vers me rappellent des souvenirs, et si je suis heureux de les partager avec vous, j'aimerais les lire avec Elle, blottie contre elle, ma peau contre sa peau, blotti dans sa douceur.
Lisez de la poésie, mais restez chez vous.




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samedi 2 mai 2020

Quarante-sixième jour de confinement

Et, suis-je distrait, j'ai omis hier de noter dans mon billet de confinement que c'était un week-end de trois jours. N'est-ce pas merveilleux ? Certes, pour ma part cela ne change pas grand-chose à mon activité quotidienne, mais il faut garder ses repères dans cette période étrange. De la même façon, il est important, que dis-je important, fondamental de noter que nous sommes au mois de mai. En mai, fait ce qu'il te plaît ! Je dois le reconnaître, pour ce mois de mai, c'est raté, mais ne rêvez pas je ne vous raconterai pas pour autant tout ce qu'il me plairait de faire en ce joli mois de mai, cela dépasserait de trop le format de ce billet, et surtout je m'en voudrais de troubler votre quiétude.
Cette année, en mai, ce sera donc, en mai pense à ce qu'il te plaît. Et je penserai intensément à tous mes désirs, toutes mes envies, toutes mes folies, tous mes possibles, mon imagination s'enflammera. Et je penserai de tout mon être, et de ma main aussi…
Faites ce qu'il vous plaît, mais restez chez vous.




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vendredi 1 mai 2020

Cap d'Agde

Qui ne connaît pas le Cap d'Agde ? Réalités pour les uns, fantasmes ou repoussoir pour d'autres. Comment alors ne pas raconter ma première venue au Cap d'Agde. C'était l'été, je me souviens de cela, un superbe soleil, un beau ciel bleu, la plage, la mer. Je me souviens de la chaleur du soleil sur ma peau nue, je me souviens du plaisir d'être nu sur la plage.
C'était une immense plage, je me souviens, c'était l'été d'avant le début des travaux de construction du Cap d'Agde que l'on connaît aujourd'hui.
Je suis en effet assez vieux pour avoir connu le Cap d'avant, avec juste quelques constructions, dont un restaurant, au moure du Cap. Quant à savoir si je suis retourné depuis au Cap, je vous laisse deviner…



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Quarante-cinquième jour de confinement

Étrange journée, un premier mai confiné, un premier mai sans vendeurs de muguet au bord des rues, sans cortèges syndicaux, un premier mai qui ressemble à demain et à hier en apparence. Un premier mai où même ma queue s'est résorbée, enfin non, où même la queue devant la supérette s'est résorbée, en effet lorsque l'on ne peut pénétrer à quoi servirait une longue queue ? Vous avez bien compris que j'évoquais là la pertinence de la queue devant la supérette et non pas des pratiques sexuelles. Non pas qu'il me répugne à évoquer de telles pratiques, bien au contraire, vous l'avez déjà remarqué. En matière de pratiques sexuelles, mais déjà le terme est mal choisi, ce n'est pas parce que l'on a une queue, longue ou courte qu'importe, que la pénétration, qu'elle soit vaginale, anale ou buccale, est l'alpha et l'oméga. Et, en effet, plus encore, en cette période de confinement, car vous l'avez remarqué la pénétration à distance est devenue un exercice virtuel. Mais je dois vous avouer, que même à distance, même virtuellement, avec ou sans pénétration, les plaisirs sont infinis avec Elle.
Pénétrez, ne pénétrez pas, mais restez chez vous.



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