- Je bois au beau sexe des deux hémisphères.
- Et moi, je bois aux deux hémisphères du beau sexe !
Marquis de Bièvre


Si vous aimez mes mots, j'aime aussi les vôtres, laissez-donc, si vous le souhaitez, une trace de votre passage, les commentaires vous sont ouverts…


jeudi 30 avril 2020

Quarante-quatrième jour de confinement

Une journée quelque peu agitée, à tel point que je suis terriblement en retard aujourd'hui pour vous livrer ce billet que je sais que vous attendez impatiemment et toujours aussi nombreuses et nombreux. Ne vous emballez toutefois pas, l'agitation évoquée ici n'a aucune connotation érotique, pour le dire crûment, je n'ai nullement agité ma main autour de ma queue, voire ailleurs… J'ai passé une grande part de la journée à tenter de finaliser un texte, fort sérieux celui-là, avec une collègue fort charmante et qui, visiblement pour me motiver, m'a rappelé plusieurs fois que nous avancions au doigt mouillé. En ces temps de confinement, mon imagination devenue hautement inflammable s'est emballée. Je l'avoue, j'ai rêvé ce qu'elle pouvait bien faire alors que nous échangions. Je vous laisse imaginer mes difficultés à écrire dans de telles conditions.
J'ai toutefois réussi enfin à finir, il m'a été possible de m'agiter avec vigueur, envie et enthousiasme pour faire gicler ces mots de ce billet que je vous offre un peu tardivement.
Agitez-vous mais restez chez vous.



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mercredi 29 avril 2020

Quarante-troisième jour de confinement

Une bonne nouvelle aujourd'hui, enfin hier mais après mon billet du quarante-deuxième jour, les bibliothèques et médiathèques pourront ouvrir leurs portes dès le onze mai. " C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup."
Je n'aurais jamais cru être ému à ce point à la simple idée de pouvoir rapporter des livres dans une bibliothèque pour en emprunter de nouveaux, ce plaisir de flâner entre les rayons pour les choisir, ou peut-être de flâner sur le site de la médiathèque dans un premier temps, mais qu'importe, retrouver le plaisir des livres, le plaisir de la lecture, des mille et une vies à vivre, des multiples possibles, de l'évasion infinie.
Ce ne sera certes qu'un pas vers la vie que l'on espère retrouver, un premier pas, un joli pas en attendant le jour dont je rêve celui où l'évasion sera réelle, où il sera possible de la retrouver, de la voir me sourire là, devant ce café, où je me pencherai vers elle, pour plonger dans son décolleté juste avant que mes lèvres et ses lèvres ne se rencontrent et que nos langues se caressent dans un ballet voluptueux, prélude à d'intenses plaisirs.
Lisez, espérez mais restez chez vous.



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mardi 28 avril 2020

Quarante-deuxième jour de confinement

Sept semaines. Sept semaines pendant lesquelles le simple fait d'acheter du pain devient la sortie de la journée, les sourires ont disparu sous les masques et les mots en sont étouffés, nous nous tenons tous à distance, les corps s'évitent, s'esquivent. Sept semaines à penser à ces journées où nous ne comprenions pas que se promener, boire un verre à la terrasse d'un café était un tel bonheur, à ces journées où il était si facile de pouvoir se rencontrer, à passer de l'autre côté du miroir.
Mais aussi sept semaines à savourer les moments de bonheur. Des livres merveilleux, pour certains redécouverts, des échanges savoureux y compris avec des personnes que l'on avait perdues de vue, et des rencontres dématérialisées, de belles rencontres, tout cela laissant présager de lumineux lendemains où nous déambulerons dans les rues de Paris.
Mais aussi sept semaines de tout petit bonheur quotidien, l'odeur du café le matin, la saveur d'un chocolat à quatre heures, les regards aperçus, et la certitude que la vie va reprendre et que nous en jouirons !
Mais en attendant, restez chez vous.




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lundi 27 avril 2020

Quarante-unième jour de confinement

Quarante-un jours donc que je suis confiné, sagement confiné. Je ne sors que pour faire quelques courses, et vider les poubelles, des activités passionnantes, s'il en est. Je n'ai jamais été aussi sage, vous en conviendrez sans peine.
Bon, j'avoue, il m'est arrivé, en sortant les poubelles de mater le cul d'une charmante voisine, pas souvent, enfin chaque fois que je l'ai croisée, mais hélas nous n'avons pas les mêmes horaires. Bon, j'avoue, il m'est arrivé aussi de mater des culs, des culs et un peu plus, sur internet. Bon, j'avoue, il m'est arrivé de déraper quelque peu dans les textes que j'écris et il semblerait qu'il leur arrive d'acquérir une certaine connotation sexuelle. Bon, j'avoue, il m'arrive d'avoir des dialogues, des échanges de mots un peu chauds, qui ont pu finir en scénarios qu’aucuns, sans mon consentement, voulurent nommer érotiques. Bon, j'avoue, il m'arrive à ces mots enflammés de dresser l'oreille, mais pas uniquement l'oreille. Bon, j'avoue, il m'arrive à ces mots incandescents de laisser glisser une main loin du clavier. Bon, j'avoue, il m'arrive de gicler mon plaisir en mots brûlants et en jets de foutre.
Mais, avouez, je n'ai jamais été aussi sage.
Soyez sage, ou pas, mais restez chez vous.




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dimanche 26 avril 2020

Quelques mots, sur une photo, point de vue 6

La photo, point de vue 6 est visible ici

Elle, au premier plan sur la droite, elle de trois quarts dos. Ses cheveux coupés court, son oreille dégagée, un double piercing discret, elle élégante, une belle dame. Un collier, non pas un collier de perle, malgré sa belle allure, elle ne porte pas aujourd'hui un collier de bourgeoise distinguée, mais un collier qui affirme son appartenance. Mais elle ne s'est pas contentée d'un collier de chienne, d'un collier de cuir noir, elle porte un collier en métal rigide. Et pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté, il est muni d'un anneau porté devant et duquel part une chaîne fixée par un mousqueton. La chaîne glisse et disparaît entre ses superbes seins dévoilés par un haut noir.
L'image serait déjà belle ainsi, mais elle est assise face à un grand miroir joliment encadré de bois et posé au sol ainsi l'offrant tout entière au regard. La chaine glisse en effet entre ses seins, elle en tient l'extrémité dans sa main, les doigts de ses mains dont les poignets sont ornés de bracelet de cuir noir s'enlacent. Elle n'est vêtue, ou dévêtue que de son haut noir et des bas noirs sur ses cuisses outrageusement ouvertes. La chaine avant de rejoindre la chaine plonge à la hauteur de son sexe souligné par cette chaine.
Son regard est baissé, baissé en signe de soumission dans l'attente, baissé contemplant son image dans le miroir ? Instant saisi avant de s'envoler dans des jeux ou pose esthétique ? Dans le miroir, apparaissent des mains, un appareil photo, est-ce la réponse à la question ? Est-ce le photographe réalisant avec sa belle modèle une belle et troublante image ? Mais peut-être n'est-il pas que photographe ? Peut-être…
Une belle image, troublante, envoûtante, et mon imagination s'emballe…





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Quarantième jour de confinement

Quarantième jour de quarantaine certes, et tous les vrais marins vous le diraient nous entrons là dans les quarantièmes rugissants, "sous quarante degrés, il n'y a plus de loi, mais sous cinquante degrés il n'y a plus Dieu."
Quarantième, et je suis balayé par les rafales de désir, ces vents venus l'on ne sait d'où, ces vents irrésistibles et impérieux devant lesquels tout plie, ces vents auxquels nul ne résiste jamais.
Quarantième, et je suis noyé par les flots d'envies, par ces vagues qui courent enflant démesurément pour mieux me submerger.
Quarantième et je rugis mon désir, mon désir d'Elle, mon désir d'Elle source de mes désirs, mon désir d'Elle tout autant balayée par des rafales de désir, submergée par des houles d'envie, et je rugis mon désir d'Elle, et les mots la cherchent et trouvent ses mots, et mes mots et ses mots s'enlacent, et je rugis mon désir d'Elle et mes mains la cherchent et la rêvent, et ses mains me cherchent et me rêvent.
Quarantième et nous rugissons de plaisir.
Rugissez, mais restez chez vous.



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samedi 25 avril 2020

Trente-neuvième jour de confinement

Déjà trente-neuf jours, écrit-elle, à ressasser des souvenirs, à se branler et à espérer enfin autre chose. Il faut reconnaître que factuellement c'est exact. Mais, l'on peut voir les faits différemment, dois-je préciser que je n'évoque pas ici des faits alternatifs comme le cow-boy d'opérette ?
Ressasser des souvenirs ? Moi, je revis de belles histoires, de merveilleux souvenirs, quelques fiascos qui maintenant me font rire et sourire, des expériences inédites, fabuleuses, des moments de pure folie, d'extase, de jouissance, de bonheur, et je les écris. Petite autopromotion, vous ai-je dit que j'allais écrire mon autobiographie ?
Se branler ? Oui, mais moi, je me caresse, je prends mon temps, je redécouvre mon corps, mes jouets, et si mon imaginaire s'enflamme facilement, certaines images, mots échangés y contribuent aussi, et aussi des mots échangés, murmurés au creux de la nuit.
Espérer enfin autre chose ? Il y aura un après, différent de l'avant, mais il va exister et ce sera à nous de le construire et de le vivre. Je suis assez vieux pour avoir vécu, et bien vécu avant le Sida, et je fais donc partie de ceux qui ont appris à faire autrement. Et nous allons faire autrement, mais oui, nous baiserons et nous nous ferons baiser, nous sucerons et nous nous ferons sucer, nous lécherons et nous nous ferons lécher, nous enculerons et nous nous ferons enculer, et bien plus, et nous jouirons !
Jouissez, mais restez chez vous.




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vendredi 24 avril 2020

Trente-huitième jour de confinement

Et je songe à ces journées passées confiné, qu'avons-nous fait, qu'ai-je fait ces jours dérobés à l'enchaînement des jours ? Qu'ont-ils déchaîné ? J'avais au premier jour des projets plein la tête, plein les yeux. Je pensais me plonger intensément dans la lecture écluser ma pile de livres à lire, dans l'écriture, écrire le chef-d’œuvre du vingt-unième siècle. Mais je dois avouer que j'ai au final trop peu lu, moins que dans des temps plus normaux, et certes écrit plus que les derniers jours préconfinement mais au rythme que j'aurais souhaité.
Il est donc temps que je m'investisse plus dans mes travaux d'écriture, et saisisse à pleine main ma belle plume, que je la trempe dans des mots de désir pour la redresser, que je la sente se raffermir dans ma main prête à servir, que je la sente frémissante sous mes doigts, vibrante du plaisir d'écrire la jouissance, prête à faire jaillir par saccade des mots, brûlante d'envie de cracher à longs jets des phrases de plaisir et dans un dernier mouvement du poignet tracer sur la page blanche l'orgasme d'une éjaculation.
Giclez, mais restez chez vous.



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